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 Maison Mormont

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Raiden savoie

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MessageSujet: Maison Mormont   Lun 2 Oct - 22:38

Alliée immémorable des Stark de Winterfell, Fiers seigneurs de l'île aux Ours aux confins glacées des sept couronnes, comme le dit leur devise, ici veillent les Mormonts.
Ces insulaires sont connus pour leur tempérament aussi dur que le climat de leur terre et leur constance et leur loyauté en on fait une maison aussi renommée que leur terre porte de misère.

Aujourd'hui l'île aux ours pleure la perte de leur seigneur Davrill Mormont successeur d'Enghien Mormont grand homme et grand soldat qui avait jadis commandé la garde royale et combattu partout là ou son souverain l'ordonnait, disparu comme il avait vécu, au combat.
Davrill avait pris femme dans le Bief et de ce mariage naquit une Fratrie nombreuse et soudée dont le nouveau lord, Jorrik Mormont.



On a dit de lui qu'il était le moins Mormonts des Mormonts, en cet homme Calme et réfléchi, on sent une grande part héritée de sa mère renforcée par sa jeunesse passée à Corcoline et son apprentissage de la chevalerie comme écuyer de Lord Manfred Tarly. Cependant ceux qui lui font faces flanchent souvent devant son regard étrangement dur et pénétrant, c'est un seigneur jeune encore qui va devoir faire ses preuves auprès de ses sujets comme de lui même pour réussir a protéger ceux dont il a la responsabilité contre le sinistre drame qui se profile sur le continent, ou devra-t-il devenir lui même acteur des jeux du trône et graver à nouveau le nom des Mormonts dans les mémoires et les légendes
Jorrik n'est pourtant pas seul, il pourra compter sur le soutien de sa mère Yreena Mormont née Du Rouvres marriée à Davrill scellant ainsi un accord pour sauver l'île de la famine. cette femme raffinée influente et érudite gagna l'estime des insulaires en survivant à l'attaque d'un ours quelques années après son arrivée et en luttant contre la mort des mois durant, elle survécu ainsi mais en porte à jamais de disgracieuse séquelles et ne quitte plus que rarement sa demeure mais elle n'en demeure pas moins une femme intelligente conservant un réseau d'amitié et d'influence réduit mais bien entretenu.


De toute la fratrie des Mormonts, l'autre nom à retenir est celui de Deckard, le frère jumeau de Jorrik, le plus turbulent et incontrôlable des deux ce qui trouva son point culminant lorsque lui et quelques gens de son age volèrent un bateau et disparurent deux ans parti en expédition on ne sais ou d'ou il revint seul, changé, mûris et portant une petite fille de 6 mois dénommée Banshee. depuis c'est un nouveau Deckard qui se tient au côté de son frère, plus sérieux mais aussi déterminé à protéger sa famille.
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Raiden savoie

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MessageSujet: Re: Maison Mormont   Mar 10 Oct - 17:27

TOUR 2 L'AUBE PÂLE

Le vieil embarcadère de l'île aux ours n'avait plus connu autant d'activité depuis des décennies, si les vieilles planches pouvaient parler elles geindraient certainement du poids inhabituel de dizaines d'hommes et de femmes armées de pieds en cap s'avançant silencieusement, entourés de flots noircis par le froid, à la fois vers leurs navires et leur futur incertain.

trois heures durant Jorrik Mormont Seigneur de l'île aux ours avait observé ce ballet, cette allée et venue incessante d'esquifs transbordant ses sujets jusqu'au continent. Il contemplait à présent, interdit, un jeune garçon de six ou sept ans accroché à la jambière de cuir de sa mère mais tiré en arrière par une vielle femme, tout autant en larme que lui.

"Maudits soit les traditions sans âges qui guident nos pas si elles doivent mener à des spectacles si déchirants, non seulement je dois prendre son père mais sa mère le quitte aussi, on ne devrait jamais avoir à prendre de telles décisions."

Et pourtant Jorrik s'obstinait encore à regarder lorsque Jorghen Fin-de-Terre, son Connétable, le trouva  sur sa colline surplombant les embarcations. Jorghen, rude homme grisonnant connu pour son franc parlé  était l'un des plus virulent opposant à l'expédition depuis qu'elle était envisagée, les débats avaient été âpres et douloureux pour les deux hommes qui s'appréciaient sincèrement, le vieil homme ayant connu son souverain depuis son plus jeune âge lorsqu'il était au service de son père.

Le reste de son conseil avait accueilli la nouvelle avec plus de stoïcisme, le sénéchal Balstaff regrettant tout comme son frère Trevor de ne pas pouvoir prendre part à l'aventure, quelqu'un devait rester et prendre soin de ceux qui restaient au côté d'Yreena sa mère.Quand à sa sœur Pandora, Jorrik ne savait pas quel était le pire des maux entre la laisser ici et l'emmener en campagne, sa nature fougueuse et impulsive desservait de grandes qualités chez elle la laissant capable du meilleur comme du pire.

Ce fut Jorrik, pourtant  de dos et perdu dans ses pensées, qui brisa le silence: "Combien en reste-t-il ?

-Encore quelque centaines, répondit Jorghen assez raide, dans quelques heures Vous serez tous passés, Reste les quelques lieux jusque Motte-La-Forêt qui se laisserons parcourir rapidement et sans encombre si Lord Glover ne vous jette pas à la porte.

-Non j'ai confiance en lui, et il connait les enjeux comme vous et moi, si nous sommes vaincus ce ne sont pas les réfugiés et les miséreux qui hanterons ses forêts au creux de l'hiver.

-Et qui cela sera-t-il si nous gagnions ? des sauvages vêtus de peaux et armées d'arcs et d'épieux grossiers tuant et violant ce qu'ils croiseront comme ils l'ont toujours faits vous pensez vraiment qu'un accord est possible avec leur roi ? tout le monde s'accorde pour dire que c'est un foutu serpent du Neck, vous oubliez le tour qu'il a joué à Lord Wyhald et aux autres.

-Je n'oublie rien Jorghen, ni le danger que représente le Rodeur et les Autres, ni le silence de ceux à qui aurait du échoir la décision, si la garde avait accompli sa tache, si lord Stark avait eu son regard orienté vers le nord plutôt que vers le sud, peut être l'issue aurait été autre, mais je ne reviendrais pas sur la décision que Lord Red-stark, Lord Manderly et moi même avons pris ensemble, nous ne pouvons nous cloitrer ici et attendre le froid et la mort.

Il se retourna vers le vieux soldat qui frémit en croisant ces yeux verts pâles "que je soit castré par un Dornien, si j'arrive un jour a savoir de qui il a hérité de ce regard, les plus fort gaillards d'ici le dominent  d'une tête au moins, mais dès qu'il vous fixe, la morgue vient à vous manquer"
- Je regrette mon ami, repris Jorrik, je préfererais moi aussi quelques certitudes sur notre proche avenir, mais je serais acteurs et non spectateur dans ce qui va se jouer là bas, Les Mormont  on toujours répondu à l'appel de leur suzerain même si pour une fois ils on parlé et agis en leur noms."

Retentit alors un son de cloche aiguë, annonçant l'arrivée imminente du Snekkar parti quelques heures auparavant avec Deckard Mormont à son bord. Celui-ci devait en ce moment même mener les opérations de débarquement. Jorrik avait apprécié le zèle dont avait fait preuve son jumeau à le guider dans une contrée qui l'avait marquée à vie "peut être va-t-il recroiser des amis à lui là bas, ou pire...si il avait refusé je ne pense pas que j'aurais pu lui en tenir rigueur" .  Les adieux avaient étés déchirants, surtout face à sa fille Banshee, Jorrik s'était, lui, contraint à une certaine froideur que seule sa mère et ses sœurs avait su effacer l'espace d'un instant.

Le jeune Lord se releva et se hâta vers le port ou les marins venaient à peine de sauter à terre et de lier l'esquif au ponton. S'attarder  en son foyer ne ferait que fragiliser une détermination déjà minée par bien des incertitudes, si il manifestait devant ses gens une fermeté propre à son statut, son instinct lui soufflait de nombreux signaux d'alarme, et le poids du commandement saturait plus encore des épaules déjà trop chargées à son gout. Il avait tenu à n'embarquer qu'au dernier moment pour rejoindre les troupes mais il savait qu'à partir du moment ou il quitterait ce rivage il devrait se porter au devant de ses hommes , si il les amenaient droit vers un cauchemar, et bien soit, il marcherait en tête et ferait honneur à son nom.

Le navire s'éloignait des côtes lorsque, accoudé au bastingage de la poupe il vit sa mère, seule et perchée sur le promontoire qu'il avait quitté quelques temps plus tôt, il était conscient du douloureux effort qu'elle accomplissait chaque fois qu'elle se déplaçait au dehors et en était touché, elle n'aimait pas voir partir les siens il le savait trop bien mais elle l'avait appuyé dans le jeu dangereux qu'il avait mené, lui et quelques autres pour convaincre le nord de se porter au delà du danger.

Il regardait la silhouette perdre en précision peu à peu lorsqu'il vit une longue masse sombre visible dans le ciel au travers d'une pâle lueur d'hiver. Un grand cortège d'oiseau venant du nord voguait au sud sur le gris océan des cieux à la stupéfaction des marins et soldats embarqués, en arrêt la tête en l'air frissonnant à l'écoute des croassements lugubres des corneilles.
ils filent surement vers Essos en longeant le Bras de Dorne et ses vestiges mais jamais je n'en ai vu en si grand nombre... songea Jorrik, mais je peux les comprendre et les envient, le coin va bientôt devenir infréquentable... La bataille à venir, les autres...les autres ? non pas seulement... il y a autre chose  .. .là dans l'air comme une rumeur sourde qui court prête à se transformer en  hurlement... inaugurant de bien noirs lendemains.
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Raiden savoie

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MessageSujet: Re: Maison Mormont   Jeu 18 Oct - 20:24

Le projectile siffla tandis qu'il fendait l'air et fit mouche. La boule de neige s'étala sur le visage carré de Hal Blackstone le fils du forgeron qui, le visage rougi par le froid et l’allégresse, répliquait allègrement en lançant une contre offensive bien moins couronnée de succès vers la petite forme noiraude qui s'était tapie goguenarde derrière une vieille souche, scandant des provocations à la volée contre les 6 jeunes garçons et jeunes filles qui l'entouraient.

Le spectacle durait depuis bientôt une vingtaine de minute mais Deckard n'avait pas voulu l'interrompre.

D'une part car, bien que le bois sacré n'était pas censé être le terrain de jeu des enfants du château, la plupart des habitants, même les plus dévots, préféraient que leurs enfants les plus jeunes commettent un sacrilège plutôt qu'ils aillent jouer dans les bois et finissent les os brisés en bas d'un ravin ou dans l'estomac d'un ours. C'était un arrangement tacite très ancien entre les habitants, leurs suzerains et les anciens dieux et personne n'avait jamais trouvé grand chose a y redire.

L'autre raison était qu'en cet instant précis, il ne pouvait se défaire d'un sentiment de fierté à l'égard de sa fille qui menait la danse à une contre six, le tout avec fougue et panache, d'autant que sa fille portait un nom tout particulier, Snow.


"Elle tient de son père tu sais, si j'avais compté le nombre de fois ou je t'ai ramassé l’œil brillant et transi de fièvre après une scène de ce genre."

Yreena, sa mère, se tenait dans l'encadrement de la porte, appuyée contre le mur de pierre froide, sa voix ouatée par l'écharpe de grosse étoffe avec laquelle elle protégeait ses vieilles blessures du froid. Deckard n'arrivait pas à se souvenir d'elle sans ses effroyables cicatrices et se demandait à quoi elle avait jadis eu l'air quand elle était une charmante demoiselle de Vieux Rouvres.

« A son âge nous ne nous mesurions pas à la neige mais à la fronde. Je me trouverais bien hypocrite de lui faire la leçon aujourd'hui.

Tu te trompes, les anciens Braconniers font les meilleurs garde-chasse. Un enfant de son tempérament ne peut pas rêver meilleur père, à condition que celui-ci lui parle... »


Deckard fronça le nez, non seulement sa mère le surestimait, mais en plus il savait ou elle allait en venir. C'était bien la seule à encore aborder le sujet, tout les autres respectaient son mutisme, même son frère Jorrik qui pourtant tenait bien plus de sa mère, sûrement à cause de son éducation, avait fait preuve d'une singulière empathie envers le père et sa fille à leur arrivée. Bien sûr, il témoignait d'une certain malaise envers Banshee, mais Deckard était sûr de voir pointer derrière l'attitude de son frère le tempérament mal assumé d'un oncle bienveillant ; même si il ne s'était jamais exprimé ainsi, Jorrik ayant alors préféré parader à Winterfell en braies et haut de chausse plutôt que de le reconnaître.

« Mère...

Par pitié mon garçon, je connais tes arguments mais ton vœux de silence a assez duré

Elle n'a que 11 ans, je ne lui imposerais pas une vérité que même à vous je préfère vous épargner


Elle a 11 ans et déjà une vague idée de sa condition. Tu sais ce qu'elle m'a demandé ? Si ce qu'on lui avait raconté était vrai, et si sa mère vivait au bordel de Winterfell. Au Bordel! Deckard je ne sais pas si ta fille sait ce qu'est une catin ou si elle pense qu'un bordel est un marchand de draperie ou je ne sais quoi mais tu ne vas pas me dire que tu préfère qu'elle échafaude des théories qui lui feront honte ou qu'elle apprenne enfin la vérité par la bouche de son père ? »


Le ton était monté et ce qui devait arriver arriva, Yreena chancela soudain et se raccrocha de peu à la mâchoire de l'ours en bas relief qui encadrait la porte. Deckard se précipita pour la soutenir tandis que Gharard, le vieux soldat qui, depuis vingt ans s'était autoproclamé garde malade à vie de la Lady il y a des années de cela, venait à la rescousse et l'aidait à regagner sa chambre à l'étage.

Deckard, sonné, glissa le long du mur et s'assis dans la neige froide et ferma les yeux. Il se revit des années auparavant. Son frère lui, avait été pris à cause d'une décision d'adulte qu'il ne comprenait pas et ses cadets étaient bien jeunes, son père occupé à sauver ses sujets de la famine, et sa mère oscillait entre la vie et la mort après qu'un ours lui ait asséné trois coups de griffes, un à l’œil, l'autre à la mâchoire et le dernier à la gorge. Lui, vivait au rythme des fables de sa nourrice et des leçons du Mestre le matin ainsi que des jeux et défis au coté des garçons de son âge l'après midi. La famine qui régnait alors le révoltait. Étais-ce donc ça être un Mormont ? Rester coincé sur une île pouilleuse et manger une soupe claire, la même que celle de ses sujets, Pour lui, la noblesse se résumait à une simple équation. Se battre avec vaillance pour mériter un meilleur statut. Mais le Nord ne semblait pas résolu à faire la guerre et donc la maison Mormont semblait promise à la déchéance. C'est à ce moment, à 16 ans, qu'une idée pleine de désespoir germa dans son esprit d'adolescent mal dégrossi. Si la guerre ne venait pas les sauver, il irait lui, Deckard, porter la guerre ailleurs pour prévenir les menaces qui tardaient tant. Et, au nord de l'île aux ours se trouvait une terre ou vivait des sauvages qui fréquemment venaient piller leur patrie.

Réunir des jeunes hommes désœuvrés ne fut pas difficile, tout était bon pour échapper à la faim. Voler un Snekkard ne fut pas bien plus dur. Et, tel le grand Rodrik Stark, voilà la fière troupe de gamins des rues Mormont sur la grève glacée à la recherche de sauvages à terrasser. Quel tableau, quelle déception, quelle naïveté.

Le visage bleui de Thomen lui apparu en premier, un brave gars toujours sur de lui et continuellement? optimiste. La glace se brisa sous ses pieds, et se reforma avant qu'aucun d'entre eux ne puisse l'aider à sortir de l'eau. Ses compagnons durent le regarder mourir, désespéré, tapant rageusement du poing sur le plafond cristallin alors que l'eau emplissait ses poumons. Il vit aussi celui aux yeux vides de Tove, une jeune fille souriante mais qui frappait comme un homme. Une nuit, Deckard l'avait relevée de son tour de garde, elle lui avait lancé un regard cajoleur avant d'aller dormir. Elle ne s'était jamais réveillée. Peu à peu des cinq compagnons il n'en restait que trois, affamés et désespérés lorsque enfin ils rencontrèrent leur "proie". Les sauvageons étaient une trentaine, avec leurs pieux et leurs fourrures, ils les découvrirent, sous alimentés et en quasi hypothermie en train de faire du feu avec les trois brindilles qui restait de leur provision de bois. Il  n'y eut personne pour résister lorsqu'ils les emmenèrent.

Ces hommes les traitèrent bien quoique se moquant d'eux, les petits agenouillés, ils furent nourris et réchauffés. Au début, Deckard adopta une attitude farouche pensant marquer son territoire et leur faire comprendre qu'il valait mieux qu'eux, mais à sa grande surprise, sa condescendance fut prise avec une sorte de dérision moqueuse par les hommes de la banquise, l'un d'eux lui dit même, alors qu'il refusait d'accepter un brouet de viande de phoque : Mange le ou non peu importe de toute manière si tes jambes ne te portent plus aucun de nous ne le fera a ta place. Au final, après plusieurs mois, Il se rendit compte qu'étonnement ce n'était pas la pire façon de vivre et que, le moindre serf de Westeros pourrait envier une telle vie. Quand aux soit disant sauvages, il existait au pays du trône de fer des hommes aux mœurs bien plus cruelles et condamnables. Ici personne ne démembrait son invité par pur plaisir. Personne ne le faisait griller dans de l'huile minérale. Personne n'était précipité du haut d'un phare. Même lorsque l'un des compagnons de Deckard mourut d'un pieu dans le cœur après avoir violé et égorgé une membre de la tribu et que son homme l'eut appris, Deckard ne ressentit vraiment que peu de compassion pour son camarade alors que celui ci implorait son aide avant le trépas. Il en conclut que tout les hommes étaient des sauvages en puissance et que lui même le deviendrait un jour ou l'autre. Sans but ni attache, une part sombre de lui même prit le dessus ou seule la survie importait.

Il aurait pu finir ainsi, mort au cours d'une rixe pour la meilleure part d'un morse tué au cours d'une chasse ou en défendant sa vie contre une autre tribu. Ou tout simplement comme Tove en s'endormant dans le froid. Même mourir des mains d'un frère noir lui était indiffèrent.

Et puis il la croisa, Elle.

Son nom était cadenassé dans un endroit inaccessible de sa mémoire, il se rappelait seulement ses cheveux longs d'un noir de jais, sa figure mutine et ses yeux couleur des profondeurs. Elle faisait partie des survivants d'une des tribus continentales qui avaient eu le malheur d'être victimes d'une incursion de Thenns et dont les derniers survivants avaient franchis les montagnes pour trouver refuge en des lieux plus amicaux. Elle aussi semblait avoir perdu sa conscience dans des abysses  couleur de ses yeux. Comme ils adoptaient la même attitude d'êtres humains qui n'attendent plus rien de la vie, les autres leur firent partager les tours de garde, les expéditions de chasse et la même tente. Au moins deux autres personnes n'auraient pas a subir leurs attitudes de morts qui attendent leur moment pour cesser d'exister. La suite, avec du recul lui semblait inévitable, ils avaient appris à se côtoyer, puis quelques mots purent de manière inespérée trouver leur place entre ces murailles de silence. Deux âmes reprirent goût à la vie.

Ils s'étaient aimé, du moins Deckard le pensait, à 18 ans l'amour qu'en sait on. Et puis, on n'était pas a Westeros, le mariage n'existait pas alors cela ne changeait pas grand chose. Seulement, à présent chacun avait une raison de survivre et de s'entraider pour le faire.

Et puis dix mois plus tard, cette raison s’était matérialisée, en la personne d'une petite chose fragile aux cheveux noirs et aux yeux déjà farouches.

Banshee...

Deckard frissonna en se rappelant dans quelles conditions elle était venue au monde, ils avaient quitté la banquise, à l'appel d'un nouveau roi derrière le mur, Eradan, et se hâtaient à un rassemblement des tribus en passant par un col venteux. C’était là ou Elle s'était effondrée, et où les eaux s'étaient répandues sur la glace. Le bivouac monté en hâte, l'accouchement fût interminable mais se passa miraculeusement bien au vues de ses conditions. Le vent soufflait dans le col rocheux, produisant des sons figurant un râle féminin se confondant par moment avec les hurlements de l'effort et puis avec ceux du nouveau-né , c'est pourquoi Deckard la nomma Banshee, en hommage a une créature mythique connue pour son hurlement.

Dans l'esprit de Deckard tout alla soudain très vite,

il revit le peuple libre assemblé, les autres tribus, le roi, les débats, les affrontements.

Une tribu qui vivait près du mur

la haine dans leur regard

le bruit d'une flèche qu'on encoche

un cri d'avertissement

une cascade de cheveux noirs et un souffle chaud contre lui

le bruit de la flèche qui part

le souffle chaud qui se coupe soudain

un dernier râle et le bruit d'un corps qui chute dans la neige

le chagrin puis la colère

la confusion générale, sa main qui se porte a son épée et la lame qui fend l'air et une gerbe de sang qui fuse

un mot qui s'impose a son esprit : Banshee

sa course effrénée

ses mains pleines de sangs qui empoignent des langes de fourrure et un nouveau né qui pleure sa mère

un paysage enneigé qui défile a toute allure

son corps transi de froid, serrant sa fille qui enfin s'arrête en trébuchant alors que devant lui se dresse des silhouettes vêtues de noir aux airs de corbeaux.

Ce jour là sa vieille Jaque aux armes de l'ours le sauva mais c'est la petite vie qu'il avait entre ses mains qui le maintint en vie ensuite...

C'est un frisson glacé qui fait sortir Deckard de son songe, il ouvre les yeux, voit la buée que forme son souffle. Et aperçoit sa fille derrière qui le scrute ; depuis combien de temps est il là ? Il l'ignore, mais une conclusion s'impose à son esprit.

Père, vous n'allez pas bien ?

Je.. ,Deckard prend une profonde inspiration, je ne te l'ai jamais dit, mais tu ressemble énormément à ta mère tu sais.

Et la glace craque enfin.
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