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 Port Réal : Le Donjon Rouge

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Maitre Chêne
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MessageSujet: Port Réal : Le Donjon Rouge   Jeu 21 Sep - 14:06

Edit à venir.
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Anarchnid

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MessageSujet: Port-Réal : Le Donjon Rouge - Famille Tyrell   Jeu 21 Sep - 14:08

Famille Tyrell, tour 0 : l'adoubement de Wilhelm et le grand tournoi






Garlann avait réuni une petite assemblée dans une cour annexe du Donjon Rouge. Les festivités pour le tournoi avaient démarrés, et ses propres fils n’allaient pas tarder à entrer en lice, mais ils avaient un adoubement à accomplir.

Étaient présents les jumeaux Gareth et Loren de la famille Tyrell, ses fils ainés, Ser Barristan Orme, le maitre d’Arme de Hautjardin, et enfin son frère Garin Tyrell, qui avait formé le garçon pendant les quatre années où il avait été son écuyer.

Tous étaient en armure, fiers de leurs armures richement décorées, prêts pour la joute à venir. Celui qui se tenait agnouillé, au centre de leur cercle, aux pieds de Garlann, ne tarderait plus à se joindre à eux, d’égal à égal.

Le garçon en question ne pouvait nullement espérer passer pour un jeune homme fragile et faible. Wilhelm Tyrell, troisième fils de Garlann, dépassait toute l’assistance de deux bons pieds lorsqu’il se tenait debout et droit. Il n’avait de commun avec ses frères ni le charme chevalier des jumeaux, ni les os de verres qui affaiblissait son cadet Lyonel. A vrai dire, il semblait ne rien partager avec sa fratrie. Sa stature de géant souffrait d’un visage monstrueux, difforme. A sa naissance, les os de sa face se joignaient bizarrement et, avec sa croissance, ses traits s’étaient déformés de plus en plus jusqu’à ce que sa mâchoire, énorme, ne le gêne pour manger, et que son arcade gauche soit si volumineuse et tombante qu’il en devienne borgne.

Soutenir le regard de ce cyclope hideux était difficile, mais cela n’avait pas découragé Garin, l’oncle de Wilhelm, lorsqu’il avait décelé un fort potentiel chez le gamin. Comme la vue de son enfant affligeait sa femme Meryl, Garlann avait consentit à le confier à son frêre, qui en avait fait son écuyer.

Quatre ans avaient passés depuis. Peu à peu, les nobles du Bief s’étaient habitués à la figure du jeune Wilhelm et il s’était endurcit comme aucun autre des fils Tyrell. Garlann pensait qu’il valait déjà, en chevalerie, son fils Loren qui était le doué des jumeaux à l’épée. Mais le royaume ne voyait encore en lui qu’un monstre, qu’une curiosité qu’ils avaient ramenée à la fête. Il était temps de leur prouver qu’il était un chevalier de même valeur qu’eux, et qu’il pouvait en désarçonner plus d’un.

Wilhelm Tyrell avait passé la nuit au Grand Septuaire Baelor, avec ses frères ainés les jumeaux, devant la statue du Guerrier, son épée déposée à sa base. Si Wilhelm avait fait part à son père de sa volonté d’accomplir la marche de pureté, du Septuaire au tournoi de lice, pour prouver que son cœur était humble, Garlann avait refusé catégoriquement, refusant de soumettre son fils à la vue et au jugement du bas peuple de Port-Réal, dont il craignait les violences en vue des difformités de son fils. A la place, il avait fait venir un Septon pour oindre Wilhelm des sept huiles dans une cérémonie à huit clos.

Il revenait à présent à Garlann de faire de son fils un chevalier. Il énonça, devant l’assistance, le nom et la famille (la sienne) du prétendant. Puis, tirant sa longue épée, il lui toucha de l’acier l’épaule droite et prononça les formules rituelles :

— Wilhelm de la maison Tyrell, jures-tu devant le yeux des Dieux et des hommes de défendre ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-même, de protéger les femmes et les enfants, d’obéir à ton capitaine, ton seigneur, et ton Roi, de combattre bravement quand il faut et de faire tout autre tâche qui seront exigées, aussi difficile, humble ou dangereuses soient-elles ?

— Je le jure, père, répondit Wilhelm de sa voix rauque et métalique.

— Alors, moi, Lord Garlann de Hautjardin, vous adoube au nom du Guerrier, du Père, de la Mère, du Ferrant, de l’Aïeule, de la Jouvencelle et de l’Etranger.

L’épée se souleva et vint passer sur son épaule gauche.

— Vous pouvez vous lever, Chevalier. Vous êtes à présent Ser Wilhelm Tyrell.








Garlann Tyrell, même s’il ne le cria pas sur les toits, comptait sur le tournoi pour révéler au royaume la valeur de ses fils. Il se doutait bien qu’en joute individuelles, aucun de ses chevaliers n’était encore assez mûr pour espérer atteindre le carré final, aussi pariait-il plus aisément sur la charge des sept, qui suivrait les joutes afin de défendre ou couronner une reine d’amour et de beauté, pour assembler une équipe du Bief où ses fils tiendraient une part importante et auraient une vrai chance de briller.

Cependant, tout secondaire qu’étaient pour eux les joutes, le tirage s’amusa à leur être défavorable. Loren, le plus chevaleresque de ses fils fut défait au premier tour par le talentueux Arthur Lefford, Lord Commandant des Chevaliers du Lion Blanc, et Gareth ne gagna sa première joute que pour se retrouver confronter à Edwyn Rivers de la garde Blanche.

Garlann, bien entendu, ne joutait pas, mais son frère, Garin, battu Jonos Crakehall et tomba face à Aemond Targaryen, le fils de Naerys, qui le défi d’une courte tête. Garlann soupirait alors, car un incident aurait pu faire déclencher de nouvelles hostilités entre l’héritier politique d’Evelyne Rowan et la famille de Naerys.

Wilhelm, tout juste chevalier, avait les ressources pour aller loin dans le tournoi, son père le savait, mais après avoir défait Borros Crakehall en première manche, le voici lui aussi face à un garde royale, Walder Tully, dit "le petit" mais bel et bien Lord Commandant du plus prestigieux ordre de Chevalerie du Royaume.

Voici donc deux de ses fils confrontés à la fine fleur de la chevalerie. Gareth n’était pas au niveau, et il ne fit aucun doute qu’il s’assura essentiellement de ne pas être blessés ; mais Wilhelm prit son combat très au sérieux : le Lord Commandant était vieux, et lui encore très jeune, il tenait sans doute là sa chance de se forger une solide réputation mais, par-dessus-tout, il était impatient de disputer un combat que tous jugeaient ingagnable.

Meryl Tyrell, sa mère, se cacha les yeux lors de sa joute, redoutant le pire pour son fils. Garlann, lui, resta droit, appréhendant le combat mais se forçant à respecter l’honneur de son fils. Finalement, Wilhelm fut désarçonné sans se couvrir de honte et ne reçut aucune blessure. La tribune Tyrell soupira de soulagement, même si on gardait dans un coin de la tête un petit regret, une impression fugace que Wilhelm aurait pu gagner et que la face du tournoi ait pu en être changée.

Au lieu de cela, ce fut Arthur Lefford, ayant triomphé de Loren, qui marqua définitivement les esprits et mit fin au tournoi de la plus sanglante des manières.

Pendant que Naerys se vidait de son sang, les Tyrell restèrent interloqués. Son frère et ses fils ne sortirent des tentes que pour assister à la rixe, impuissants, et il fallut toute l’autorité de Garin pour dissuader Wilhelm de se lancer dans la bagarre sans consigne de Garlann. Des consignes, le Lord de Hautjardin n’en donna aucun. A côté de lui, la vieille Evelyne Rowan rigolait comme si c’était le plus beau jour de sa vie mais, lui, n’arrivait pas à accepter la fin brutale de Naerys, sa plus teigneuse rivale politique. A voir les Lannister, les Hightower et les Orageois s’étriper sur le terrain de joute, une seule question sans réponse tourmentait son esprit : et si Loren avait battu Lefford au premier tour ?

Il est de ces combats que l’on ressasse sans cesse, et il était certain que celui-ci ne quitterait jamais le frère jumeau de l’héritier de Hautjardin.



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Raiden savoie

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MessageSujet: Re: Port Réal : Le Donjon Rouge   Lun 13 Nov - 18:22

Héritage

Les couloirs du Donjon Rouge étaient glacés, malgré les efforts désespérés du soleil hivernal pour baigner la ville entière de ses rayons sans chaleurs, on aurait dit que le froid poursuivait les Nordiens sans relâche depuis les terres glacés boréales ou leur sang avait coulé, à moins que ce soit la bataille elle même qui hante mes pensées se dit Jorrik alors qu'il arpentait la forteresse victime d'une certaine effervescence.

Il avait redécouvert Port-Real trois semaines auparavant et la trouvait fidèle à sa réputation, belle et terrible, se vautrant dans ses propres menées et se réfugiant derrière des sourires de façade et des histoires d'Etiquette et de convenance, l'on ne saurais dire qui des mots, du poison ou de la lame l'on devait se garder le plus.
prévenue par sa mère qui fut en son temps une habituée, Jorrik aurait préféré ne pas se retrouver au centre de l'attention, mais son statut de facto de chef de la délégation de Winterfell avait eu vite fait de réduire cet espoir a néant. et il s'était borné a son grand désespoir, au vu de l'intérêt grandissant de l'intelligentsia locale pour ces rudes nordiques revenus d'une campagne contre des abominations, à passer la consigne d' "éviter les incidents" au reste de la délégation. Il n'aurait plus manqué qu'une rixe au sortir d'un concours de beuverie vienne perturber leur démarche.
Il devait cependant reconnaitre s'être laissé prendre au jeu plus d'une fois lors de plusieurs réceptions arrosée, notamment la fois ou passablement aviné il s'était pris le  bec avec un représentant de la maison Baratheon dont les parents avaient de toute évidence manqué l'éducation. celui ci exigeait de lui que le Nord alloue des ressources pour retrouver l'envoyé de la couronne Lionel Morrigen en terre sauvageonne, oui tout simplement ! Et pourquoi pas lui capturer un marcheur blanc vivant aussi pendant qu'on y était ? le ton monta rapidement dans ce dialogue de sourd monopolisant l'attention et les pronostics de ceux qui aiment à assister à des giclées de sang que ce soit entre deux hommes ou deux armées, on évita l'incident lorsqu'un Factotum de la couronne dissimulant avec difficulté son hilarité vient les prévenir que le très demandé Morrigen se délassait de ses mésaventures chez lui à Accalmie. l'anecdote avait fait sensation à Port Royal surtout quand on avait appris que Lord Stark avait subis la même demande chez lui dans des termes similairement discourtois. Le fait que Le lord de l'Orage  ignore qui entrait et sortait de ses terres avait causé biens des éclats de rire aux hommes de la délégation. Il avait du cependant freiner la plaisanterie lorsque sa sœur Pandora commença à mettre en scène à grand renfort d'obscénité et d'un humour peu subtil devant un public ravi les retrouvailles entre Morrigen et son seigneur, les affublant d'une grivoise promiscuité, qui ne faisait pas vraiment rire en haut lieu.

Force était pourtant de constater que le séjour c'était dans l'ensemble mieux déroulé qu'il ne l'escomptait. Et que ce qui allait suivre marquait l'achèvement d'une période d'espoirs fous et de craintes pas bien plus rationnelles bien que la succession des événements pouvait prêter à confusion.

Il vit la porte s'ouvrir sur la grande et haute salle au fond duquel se trouvait l'hideux trône de Westeros sur lequel trônait le moins hideux seigneur Velaryon.

to be continued
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Anarchnid

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MessageSujet: Re: Port Réal : Le Donjon Rouge   Mar 6 Mar - 15:11

(T9) Garin Tyrell



Depuis son arrivée à la Capitale, la petite routine de Garin Tyrell n'avait pas changée. Il se levait, déjeunait avec ses chevaliers, enfilait ses plus beaux habits et se mettait à vadrouiller dans les couloirs du Donjon Rouge.

Lorsqu'enfin il apprenait que le Conseil Restreint se réunissait, il se présentait devant la porte de leur salle. Oh, il n'entrait pas, non ! Il restait simplement sur le seuil, là où on avait disposé une petite chaise à son intention. Parfois, on le convoquait, ce qui était arrivé lorsque le prince Aethys avait fait son retour en Westeros, mais également quelques autres fois depuis.

Il n'avait pas de siège au Conseil, mais en disposait d'un devant leur porte et ça commençait à se savoir à Port-Réal. Lui, frère du Parangon de Chevalerie, n'entendait pas demander plus. Les cents hommes et vingts chevaliers qu'il avait emmené à Port-Réal lorsque les temps étaient plus troubles languissaient dans une aile du Donjon Rouge, passant plus de temps à jouer aux cartes qu'à s'entrainer. Garin ne s'en préoccupait pas trop, ses vingt chevaliers lui suffisaient. Ils composaient sa propre garde, des hommes d'expériences, ceux-là même qui l'avaient suivis dans la guerre de Tyrosh, quand il avait à peine 25 ans. Ses meilleures années. Peut-être retournerait-il un jour visiter la cité libre ?

Lorsqu'il prenait place sur sa petite chaise, il savait disposer de temps pour réfléchir. Son frère était très mauvais en intrigue mais, lui, appréciait ce frisson de la négociation masquée et du sous-entendu... Autant de chose que Garlann était peu disposé à accepter à Hautjardin. Voilà qu'il se souvenait de la manière dont il avait accueillit Lord Tarly, tout penaud d'avoir été pris en flagrant délit ! Oh, qu'ils avaient bien ris !

S'ils avaient toujours été proche avec Garlann sans jamais pleinement se comprendre, le vieux célibataire possédait une forte amitié avec ses nièces et neveux. Plus particulièrement avec l'un d'entre-eux, qu'il avait eut l'honneur de former, et qui gardait aujourd'hui la porte devant laquelle il patientait.

Wilhelm Tyrell, chevalier de la Garde Blanche.

Le géant à la trogne déformée à qui il avait apprit à marcher et à téter sa mère était généralement celui que l'on charger de lui faire la discute. Une belle preuve d'entente cordiale que de permettre au chevalier de retrouver son ancien écuyer lorsqu'il devait réfléchir à ses prochaines manœuvres politiques. Les jours où ils étaient réunis devant la porte, Garin et Wilhelm redevenaient les deux amis les plus bavards du monde.

Ce jour-là, il osa lui confier :

- Nous autres, les Gardes Blancs, mourrons de frustration à rester à Port-Réal pendant que le Roi est à Valyria. Il pourrait avoir besoin de nous, de notre force, à tout moment ! Et nous restons là à surveiller des blablas dont le sens nous échappe.

Garin avait tiré sa pipe et fumait tranquillement.

- Crois moi, même en comprenant le sens de chaque phrase d'une discussion, toutes ses implications nous échappe encore parfois...

- Vous semblez bien maussade.

- Cela fait six jours que je n'ai pas échangé avec la main du Roi, lorsque je le croise il a l'air tellement affairé que je n'ose pas le déranger. Il a de grandes cernes sous les yeux... il parait qu'un corbeau de la roukerie du Grand Mestre vient, chaque soir à minuit, le réveiller en tapant du bec à sa fenêtre.

- Je ne combat pas les corbeaux, grimaça Wilhelm, bien qu'il soit difficile de trouver pire grimace que celle que composait déjà son visage au repos.

Garin resta de mauvaise humeur malgré tout les efforts de son ancien écuyer pour accoucher d'un trait d'esprit. En désespoir de cause, il sorti de sa bourse quelques pièces :

- Tenez, mon oncle, vous boirez une bière à ma santé.

Pour faire plaisir au garçon, Garin accepta son cadeau. Il avait pensé "garçon", mais en réalité Wilhelm était considéré comme un homme fait depuis des années déjà. Personne, dans le Bief, n'avait été surprit de son entrée dans la Garde Blanche, tant on le considérait dès son plus jeune âge comme le plus doué aux armes des fils de Garlann. Quelque part, également, on avait éprouvé un soulagement non avoué : avoir un fils difforme, effrayé, parfois considéré comme un monstre, avait un temps entaché la réputation du Parangon de Chevalerie. Le voir accédé au plus prestigieux des ordres de chevalerie redorait son blason et élevait le prestige Tyrell plus haut que toutes les autres familles du Bief.

Wilhelm en était conscient, et pas un jour ne passait sans qu'il se préoccupât de faire honneur à son nom, à son Royaume, et à son Roi.

Ce jour-là, Garin, après avoir patienter une petite heure, salua les membres du conseil à leur sortie. Il leur demanda comment s'était passé la séance et obtient la plupart des détails qu'il désirait.

Après avoir papoté avec Lord Manderly, il décida de se retirer. Repensant à la générosité de son neveu, il farfouilla alors parmi ces poches, en vain.

- Mais... où ai-je donc encore perdu ces pièces ?
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Raiden savoie

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MessageSujet: Re: Port Réal : Le Donjon Rouge   Mar 13 Mar - 22:22

C'était un vieux bouge un peu loti dans une bâtisse branlante, sa proximité avec le Septuaire de Baelor avait décidé un tavernier à l'esprit enjoué et irrévérencieux de l'affubler d'un nom à la limite du sacrilège, les Sept bières de Baelor. Comme vous vous en doutiez, le nom ne fit pas rire tout le monde. Etrangement, comme si la foi des sept étendait sa protection depuis le Septuaire jusqu'à son parenté lieu de débauche, la Taverne survécu à deux descente des capes dorées et autant d'incendies surement allumés par un des quelques illuminés colériques que pouvait produire la foi des sept.

L'aubergiste se nommait Alan et la tenait de son père qui la tenait de son père avant lui... l'invulnérabilité du bâtiment était une chose prise avec sérieux dans sa famille, tant que le Septuaire n'explosait pas, son auberge ne craignait rien.
En fait pour le moment il avait surtout peur pour sa propre vie, en effet, un groupe de soudard Nordiens, bâtis comme des bovidés étaient attablés dans le fond de la salle depuis la matinée et leur ardoise prenait des dimensions critiques alors que la gnôle ne semblait pas avoir grandement entamée leur verve. Alan rassemblait son courage pour aller leur exiger paiement lorsqu'un vieillard, client régulier, qui avait suivi son regard lui dit

-Gaffe patron, c'est pas des rigolos ces brutes là, c'est les hommes du tueur de faucon.

-qu'est ce que tu raconte ? Est ce que la bière te cause encore du délire Vieil Homme ?

- Regarde ce qui est cousu à leurs épaules jeune sot, ma vue n'est peut être pas celle de mes premiers printemps mais un blason ça s'oublie pas, surtout quand il en remplace un de triste mémoire.

Alan lorgna, sceptique, de derrière son comptoir et discerna la tête d'une bête, rouge sang sur fond noir.
Un Loup... un loup rouge.
Jamais un blason n'avait été aussi simple à reconnaitre. Le cirque qui avait donné lieu de premier procès persistait dans les mémoires et avait fais jaser toutes les langues de la ville. Savoir l'homme sous les verrous après pareille félonie était rassurant malgré tout. Voir ses soudards déambuler à leur guise un peu moins.

C'est alors qu'un curieux couple entra, jeunes encore, ils étaient vêtu d'habits à la coupe simple et rugueuse dont dégageait une impression de solidité et de confort. L'homme n'était pas bien grand, mais ses traits fins contrastaient avec une allure abrupte, il avait un regard étrange, jaillissant de ses deux yeux verts, cinglant et pénétrants comme le vent entre deux hautes montagnes. Il portait quelques marques de coup récentes sur son visage délicat, son gant triturait une épée semblant ne pas parvenir à la loger correctement dans sa ceinture.
La femme, plus jeune, lui ressemblait c'était indéniable mais il lui manquait les yeux et se traits avaient eux étés faits au burin. En fait tout dans son attitude semblait se faire à coup de Burin. elle aurait pu être jolie, en y regardant de loin et sans l'entendre. Elle arborait un sourire en coin et un air passablement malicieux. Alan semblait l'avoir déjà vue auparavant.
A peine entrée, tandis que l'homme explorait la salle de son regard, la jeune fille, elle, chargea droit vers le comptoir et commanda pour deux d'une voie tonitruante, faisant profiter la maisonnée d'un tonitruant accent nordien tandis que l'autre lui lançait un regard  mi ulcéré mi amusé. Il réprima une forte envie de rire pour garder sa contenance lorsque sa compagne lança au vieillard du comptoir qui la dévisageait méfiant. une réplique si soudaine ou si bien sentie que le vieil homme s'étouffa dans sa chope et répandis de la mousse dans sa barbe.

-Des nordiens, encore des nordiens toujours des nordiens, combien il faudra de ces impies encore pour que l'un des sept me foudroie, moi et mon auberge ! se lamentais Alan en plaçant deux chope en grès sous la bonde.

Si il avait vu le regard scrutateur du nordiens finalement se poser sur la troupe de Redstarks et se diriger vers eux, il aurait couru imploré l'aide du Septon.

Jorrik se posta en bout de table, contemplant l'étendue de la beuverie et les nombreux pichets vide que personne n'avait osé venir débarrasser. Il eut une moue écœurée, il voulait bien admettre que ces hommes avaient l'air farouche et prompt au conflit mais il craignait que sa soit la vue des armes sur leurs spalières qui ait eu un tel effet. Bande d'abrutis, je ne sais même pas qui aujourd'hui fait le plus peur, un Sauvageon, un Dothraki ou un Redstark, je parie qu'il aide les enfants a finir leur soupe en plus. Quelle pitié ! Aucun des hommes ne lui avait accordé a moindre attention, perdant patience, il donna froidement un coup de botte dans le tréteau qui résonna d'un bruit mat. Il y eu soudain un silence pesant à la tablée.
Une goutte de sueur passa dans sa nuque sentant sur lui le regard d'une vingtaine d'hommes  mais il reprit vite contenance.

-Vous avez un chef ? ou au moins quelqu'un pour parler en votre noms
Au vu des vingt regards méfiant qu'il essuya c'était pas gagné. finalement un colosse chauve se leva

-ça se pourrait... mais te fatigue pas, c'est pas parce qu'on vient du même coin que ce que tu vas nous proposer nous intéresse

-je cherche pas à vous engager mais a vous aider

-pour ma part je cherche à boire tranquille, je ne te connais pas et je n'y tiens pas plus que ça
Un autre regardait fixement Jorrik tandis que le premier retournait à sa chope.

-hey fit le second... je vous ai déjà vu non ? vous êtes le seigneur de l'île aux ours, Lord Jon est donc votre cousin

-pas exactement mais je me souviens de vous, vous étiez présent au mariage de Winterfell, parmi les volontaires pour la mêlée

-et après ? fit le chauve en se mettant à beugler, depuis quand on répond aux ordres d'un Mormont les gars.

Il avait le regard d'un homme que l'alcool échauffe vite et il dépassait Jorrik d'au moins une tête. Celui-ci compris soudain que les mots ne serviraient à rien face à un esprit aussi sanguin. Une chose était sure, Redstark savait s'entourer des meilleurs.

Il failli ne pas le voir venir, mais l'homme avait un évident problème d'équilibre ce qui lui évita des ecchymoses en plus sur son visage. le poing ganté du chauve ne rencontra que le vide et il s'étala sur le plancher en pestant

Jorrik le laissa se relever péniblement, voulant éviter de porter un colosse. Puis il le plaqua contre une cloison, un bras contre la trachée

-Des ordres feula-t-il, je ne vous en ai pas donné jusqu'à maintenant, et je ne tiens pas à commencer mais puisque vous m'y obligez, le premier sera de quérir l'aubergiste pour qu'il vous apporte un baquet d'eau claire, ensuite vous sortirez et vous le verserez sur le coin de la gueule histoire que vous soyez en état de m'écouter c'est bien clair ?

Les mouches volaient dans la salle, Pandora, toujours au comptoir ne voulait rien rater du spectacle, décidément cette auberge méritait la halte quand on descendait à Port-Real, c'était bien plus authentique que le donjon rouge, bien trop clinquant. quoique les jardins étaient sympas. Malgré que la dernière fois qu'elle y avait eu accès, un gros dignitaire aux manières ampoulées l'avait poursuivi de ses assiduités (on aura tout vu) le pauvre c'était au final réveillé dans un massif de rosiers et du mettre une semaine pour retirer les épines de son gras postérieur. Elle vit le grand chauve sortir et son frère s'attabler avec les autres. la discussion s'annonçait âpre.
Elle se rappela soudain la dernière fois qu'elle s'était rendu ici, plusieurs années auparavant. c'était le lendemain d'une algarade ridicule entre un chevalier Baratheon et son frère au sujet d'un type envoyé au delà du mur. Elle trouvait souvent l'attitude de son frère franchement risible et grandiloquente (quoique bien drôle parfois) mais non seulement elle l'adorait malgré ses grands airs mais en plus, la famille c'est sacré, alors elle s'était vengée, à sa manière. Le soir même naissait en ces lieux La Ballade du Jeune cerf  en Rut et son bon Morrigen qui fut un succès sans pareil dans les bas quartiers ou le Grand argentier n'était guère apprécié.

Jorrik, une fois qu'il eut fini de parler, rejoint sa sœur, laissant les autres à leur délibération.

-Tu as encore joué à l'ours mal léché grand frère, l'air de la ville ne te réussi pas

-ça fais du bien l'autorité parfois surtout que eux avec leur chef en cage ils doivent plus en voir souvent.

-Le plus étonnant c'est qu'ils t'aient laissé parler, j'avais parié 5dragons avec Heimrik que tu te ferais jeter comme un malpropre

-je vois que ma chère sœur me soutient quoi qu'il en coute comme à son habitude... la prochaine fois je t'enverrais discuter avec des brutes du genre et moi je boirais en terrorisant des vieillards... Ah les voilas
D'un pas chancelant mais volontaire, les Soldats sortirent un a un dans la cour, leur nouveau représentant, celui qui avait reconnu Jorrik s'avança.

-Lord Mormont nous avons réfléchi à votre proposition, je regrette mais nous ne partirions pas avec vous. Nous restons et attendrons notre suzerain comme il nous l'a demandé.

-Vous êtes conscient qu'il ne va pas sortir de là de si tôt, si ce n'est les pieds devant ou pour prendre le noir

-nous le savons mais c'est notre devoir il doit être fait... cependant nous avons décidé que nous pourrions vous être plus utiles qu'à ce pauvre tavernier qui chie dans ses basques. Tant que vous demeurerez dans cette ville, notre bras vous est prêté.

-J'apprécie le geste, retrouvez nous à la demeure de Lord Manderly, on vous offrira le gîte et le couvert.

Il alla pour partir lorsqu'il vit le regard de sa sœur, un regard qu'il ne connaissait que trop bien et qui n'annonçait rien de bon

-N'y pense même pas commença-t-il

-Oh allez tu ne veux pas avoir une chanson en ton honneur ? c'est pas pour ça que tu te tiens toujours raide comme un piquet ?

Oye Oye entendez les exploits de Jorrik, l'Ours mal léché
qui terrassa un rustre de fort terreur
avec un simple baquet
et qui pour son plus grand malheur
parle comme un fin lettré
à des hommes d'honneur
connus pour leurs franc parlé
et qui n'écoutant que leurs cœurs
malgré toute sa bonne volonté
ne partirons pas comme des voleurs
sans leur seigneur en captivité
mais pour prouver leur valeur
ceux ci vont à ses côtés
foncer  dans bien des guêpiers
dans lesquels se fourre souvent ledit seigneur


La rue résonna longtemps de leurs éclats de rire
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Anarchnid

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MessageSujet: Re: Port Réal : Le Donjon Rouge   Mer 14 Mar - 21:42

(T11) Garin Tyrell


Quand un homme passe 6 mois à être considéré avec respect et écouté pour ce qu'il a à dire, son égo gonfle. Alors quand, du jour au lendemain, plus personne ne lui adresse la parole et que le Lord Commandant de la Garde Grise lui refuse même une entrevue, imaginez la tension à laquelle est soumise cette bulle intérieure, cette bulle d'ego : fatalement, elle éclate.

Appréhendez cela et vous aurez compris toutes les nuances de l'humeur maussade qui agitait Garin Tyrell à Port-Réal. 20 jours s'étaient écoulés depuis la dissolution du Conseil, 20 jours pendant lesquelles il avait erré dans le Donjon Rouge, fort de ses 100 hommes et de ses 20 chevaliers. Ce n'était qu'une question de jour, se disait-il, avant qu'on ne l'appelle ! Avant qu'on ne réclame son soutient dans cette lutte d'influence dont les Tyrell souhaitaient rester à la périphérie. Peut-être aurait-il refusé d'engager ses forces auprès d'un prétendant, peut-être aurait-il juré sur son honneur de chevalier de protéger un homme juste, il ne savait pas trop... mais au moins s'attendait-il à être sollicité !

Nada. Que pouic. Chou blanc. Plus les jours passaient, plus l'idée que personne ne désirait son aide faisait son chemin dans la tête de Garin. Il tenta de bavarder avec les uns et les autres, mais on éludait trop souvent la conversation et on s'éclipsait. Il pouvait, bien entendu, suivre de près les affaires de la cour, mais sans doute n'en savait-il pas plus que le dernier des simples courtisans. Son époque de grâce était loin.

Aux deux semaines d’apathie et d'attente succédèrent quelques jours de frénésies où il essaya de provoquer cet appel à l'aide qu'il attendait. En vain, il ne réussit qu'à se faire renvoyer sommairement par Hosteen Mallister, et à se fouler la cheville à force de remuer. Du reste, il n'était pas désespéré au point d'aller parler avec Hoster Targaryen : Garlann considérait son coup de force d'un très mauvais œil, mais lui dire en face n'entrainerait rien de bon dans l'immédiat.

Finalement, le soir du 20ème jour, alors qu'il s'entretenait avec Lord Mormont et Lord Manderly, dans l’hôtel de ce dernier, il se résigna.

- Politiquement, expliqua-t-il, je suis grillé. J'étais considéré comme un membre officieux du Conseil Restreint de Velaryon et, de fait, je suis le représentant des Grands Lords de Westeros. Garlann a raison quand il dit que les temps ont changé et qu'il faut laisser le Conseil aux petits seigneurs : ils me voient à présent comme leur ennemi politique et ont, à l'heure qui est, sans doute déjà rejoint Hoster. Mallister m'a-t-il rejeté car je représente le parti des Grands Lords ou parce qu'il serait à la botte de Lannister ? Je ne connais pas assez le bonhomme pour le savoir mais une chose est sûre : aucun des partis à Port-Réal ne souhaite le soutient de la maison Tyrell, il faut me faire une raison : je suis devenu un poids mort ici.

- Vous songer à quitter la ville ? lui demanda de but en blanc Lord Mormont qui semblait partager son sentiment.

- Nous avons échoué à percer à jour les rouages des intrigues pour le pouvoir, il faut savoir quand arrêter les frais. Je perds mon temps, ici, et je vous fait perdre le vôtre.

Jorrik montra son accord, et annonça qu'il comptait lui aussi quitter la ville au plus vite. Il craignait de rester coincer entre ses murs lorsque les couteaux seraient tirés. Garin se dit qu'il était peut-être plus sage qu'il n'y paraissait.

Wyhald Manderly écoutait tout cela sans rien dire. Lorsqu'il prit la parole et exposa calmement ce qu'il pensait de la situation, Garin fit la grimace :

- Je ne peux vous en vouloir de raisonner ainsi, mais cela me peine. J'espère que vous repenserez à nos paroles et changerez d'avis, sur ça et sur le reste.

Ils se quittèrent en bon terme. Garin hésita à s'attarder une journée de plus, mais décida d'agir tant qu'il était résolu : Lannister ou Hoster, aucun des deux partis n'était préférable et leurs jeux d'influences lui restaient impénétrables. Au final, c'était bien Ser Errek Greyjoy, le Lord Commandant de la Garde Blanche, qui était le plus sensé de tous : stoïque, il attendait le retour d'Aethys.

Le chevalier à l'écu frappé de la rose d'or réunit ses hommes et quitta le Donjon Rouge sans se retourner. Port-Réal l'avait porté aux nues, puis oublié dans le fond d'une ruelle tel une vulgaire catin. Il ne restait alors à un homme d'honneur de son ambition qu'à consoler son orgueil dans un autre devoir.

- Si les Septs sont bons, lança-t-il au vent, puissé-je passer dix ans sans remettre les pieds dans cette foutue ville !
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