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 Le Banquet de Vivesaigues

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Arkunaï_3/4

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Date d'inscription : 04/09/2017

MessageSujet: Le Banquet de Vivesaigues   Jeu 15 Nov - 19:56

Ce n’est pas la première fois qu’Arthur Lefford se rend à Vivesaigues ; Brynden Tully l’a toujours honoré de son hospitalité, et ce notamment depuis le mariage entre son fils Leo, l’héritier de la Dent d’Or, et Catelyn Tully. Bien que les portes de sa demeure aient été plus rarement ouvertes au cours des derniers mois, le suzerain du Conflan l’a convié à un banquet qu’il donne à ses vassaux. Le soir approche à grand pas, et la salle de banquet commence peu à peu à s’échauffer de salutations et de discussions.

Tout le beau monde du Conflan et d’ailleurs est rassemblé ici à Vivesaigues, les Whent comme les Bracken, les Darry comme les Nerbosc, les Rivefort comme les Lannister. Une belle occasion de faire une démonstration de la richesse de la maison Tully, à en juger par la qualité des tapisseries étendues sur les murs et du vin servi par les domestiques, qui glissent avec l’agilité des anguilles entre les convives. Arthur Lefford scrute la salle, à la recherche du seigneur des lieux. Il finit par apercevoir Brynden Tully au fond de la salle, entouré de bien d’autres nobles gens, dont une demi-douzaine de Targaryen. Arthur se dirige vers lui de son pas altier habituel, pour lui présenter ses hommages.

En s’approchant du cercle, il reconnait la chevelure grisonnante de Lyman Tully, oncle de Brynden, ainsi que celle plus claire et vive son fils Edwyn. Walder et Harwyn Rivefort, respectivement maître de la garnison de Vivesaigues et Main du Roi, semblent être en grande conversation avec leur suzerain, mais le remarquent rapidement.

– Messire Lefford, s’exclame Walder en le voyant, quel plaisir de vous voir !

– Un plaisir partagé, comme à chaque fois que Vivesaigues me fait l’honneur de ses invitations. Messires Rivefort, salue-t-il en s’inclinant imperceptiblement, messires Tully.

– Bonsoir messire Lefford.

La voix de Brynden est sèche, presque menaçante. Un léger malaise s’installe. Etonné de sa rudesse, Arthur dévisage le suzerain du Conflan. Son visage est très émacié, et s’il est encore épargné par la grisécaille qui le ronge, sa peau est anormalement blême. Mais ce sont surtout ses yeux, ses yeux violets, ses yeux où s’agite maintenant une lueur obscure et dérangeante, qui le scrutent comme s’il était un sauvageon armé jusqu’aux dents.

– Messire Lefford, reprend soudain Edwyn Tully, ainsi vous avez combattu en Essos ? Vous devez avoir beaucoup à raconter, je serais ravi d’entendre votre récit.

Ce disant, il entraîne Arthur hors du cercle. Un sauvetage maladroit, certes, mais toutefois bienvenu. Une fois éloigné de Brynden, Edwyn, visiblement confus, s’assure que nul ne les écoute avant de prendre le lord de la Dent d’Or à partie.

– Veuillez excuser mon cousin messire, sa santé s’est beaucoup dégradée récemment.

– Son mal progresse ?

– Les médecins disent que la grisécaille ne s’étend pas, explique le jeune Tully, mais elle s’enracine. La douleur est telle qu’il n’a plus la force de s’entraîner à l’épée, et elle doit également attaquer son esprit. S’il ne reçoit plus beaucoup, c’est qu’il ne fait guère confiance qu’aux membres de notre famille, et encore.

Arthur hoche la tête.

– La maladie est une tragédie pour un homme de la trempe de Brynden.

– A qui le dites-vous… mais les septons disent qu’il y a toujours un espoir pour ceux qui s’en remettent à l’Etranger, lâche Edwyn d’une voix dont l’ironie laisse transparaître le malheur qui s’abat sur sa famille. Enfin, ne laissez pas ce malheureux épisode vous abattre messire, et je vous en prie, profitez de l’hospitalité Tully et de la bonne compagnie de cette assemblée. Le banquet ne commencera qu’une fois que Sa Majesté Valarr arrivera.

Arthur Lefford prend congé d’Edwyn, et passe de groupe en groupe, échangeant salutations et banalités avec plus de lords qu’il ne peut en tenir le compte. A vrai dire, il n’aime pas beaucoup ce genre de réception, qui sont plus pour lui une frivole corvée de représentation qu’autre chose. Puis l’état de Brynden Tully le préoccupe. Quelle malchance qu’un aussi fin chevalier que lui de finir gangréné par la grisécaille. Et surtout, sans héritier direct. Certains attendent moins que ça pour mettre à mal la paix du roi.

– Bonsoir messire Lefford, ce séjour dans le nid de vipère vous sied ?

Arthur se retourne. Il reconnait Osmund Lychester, un homme à la carrure imposante et à la main d’épée habile qu’il avait croisé quelque fois alors qu’il séjournait à Vivesaigues. Un proche de Brynden Tully, très fidèle à son suzerain, lui avait-on dit alors. Osmund lui tend une coupe de vin, ce qu’Arthur décline d’un geste.

– Vous avez bien raison, dit le Lychester en avalant une grande lampée du liquide carmin, le banquet risque d’être long, ce n’est pas encore le moment d’être ivre.

– Qu’entendez-vous par nid de vipères ?

Osmund pointe une direction avec sa coupe. Brynden Tully est en conversation avec Tytos Nerbosc et Harwyn Rivefort. Le regard d’Osmund perd son éclat rieur pour se faire dur comme le roc.

– Regardez les donc, crache-t-il presque. Les Nerbosc, les Rivefort, Lyman Tully, voilà une coterie de manipulateurs et de sournois. Ils profitent de la faiblesse leur seigneur pour gouverner en coulisse et éloigner de lui ceux qui lui sont réellement loyaux. Si vous et moi sommes invités, c'est l'œuvre de la sœur de Brynden, qui cherche à nous remettre en lice. Mais ce sont désormais les gens du sang qui gouvernent.

Rien qu’au ton d’Osmund, Arthur comprend que lord Tully a dû le congédier récemment. Les Lychester, Steffon et Osmund en tête, avaient pourtant été connu comme les gardes d'acier du Sire de Vivesaigue quand celui-ci était encore affairé à Port-Réal.

– Vous n’avez pas à remettre en cause la décision de votre suzerain, lâche Lefford d’un ton cassant. Et je connais bien Harwyn, il n’est pas comme vous le décrivez.

– Êtes-vous bien sûr de vous messire ? Moi ce que je vois, c’est que sa famille est constituée d’une Main du Roi, d’un maître des travaux et d’un commandant de garnison, alors que la mienne a été traînée dans la boue. Avons-nous, mon frère et moi, pourtant une seule fois manqué à nos devoirs ? Nous autres grands vassaux du Conflans avons notre part de gloire dans les titres qui nous sont justement octroyés. Si messire Brynden ne reconnaît plus ses bannerets comme ses fidèles serviteurs, ils y sont forcément pour quelque chose.

Osmund reprend boit à nouveau une gorgée de vin.

– Et si seulement ce n’était que ça. Vous voyez le Raide, là-bas ? Encore à se vanter de ses bagarres de tournoi en s'éclaboussant de vin, je vous dirais. Ça l’arrange bien que les Tully ne courent plus les lices. Et Bracken, encore à tramer les Sept savent quoi seul à la capitale. Ses félonneries sont à moitié responsables de la folie de notre suzerain. Sans parler du vieux Frey, qui non content d’avoir le Val veut en plus son siège au Conseil Restreint. Des vautours, tous autant qu’ils sont, ça ne m’étonnerait pas qu’ils ne se souviennent même plus de leur serment de loyauté envers Vivesaigues, tiens. Je comprends mieux les jérémiades d'Erwan de la Nouë. Que ce soit à Port-Réal ou ici même, ce sont de grands que les princes s'entourent.

Il est ivre et déraisonné, Lefford le sent à l'haleine, mais quelque chose d'aussi insidieux que le mal dont souffre Brynden couve en lui. Il fallait prier pour que l'acidité d'Osmund ne soit pas à la même mesure que celle des autres bannerets.

– Encore à te plaindre Osmund, lance Hoster Rivers avec un mépris manifeste ?

Le bâtard de Lyman Tully a surgi soudainement, un rictus tordant sa face boursoufflée. Il pose sa main sur l’épaule d’Osmund, que le Lychester retire violemment.

– Ravale ton sarcasme bâtard, rétorque Osmund, tu es certainement le pire de tous, et pourtant le moins gâté.

– Je n’ai qu’une moitié de sang Tully, c’est vrai, je ne suis donc que… six ou sept fois supérieur à toi. Il n’y a rien d’étonnant que Brynden ne veuille pas de ta race chez lui, on ne mélange pas les sangsues et les traitres

Osmund se tend comme un arc, les mâchoires serrées. Ses prunelles assassines ne laissent aucun doute sur son attention de corriger l’impertinent.

– Il suffit.

La voix d’Arthur Lefford claque comme un fouet.

– Vous êtes à un banquet, pas au milieu d’une mêlée. Si vous avez l’un comme l’autre du respect pour ce hall et ce château, comportez-vous comme il le sied.

Durant de longue secondes, le Maître du Lion Blanc soutient le regard d’Osmund comme d’Hoster, tel une statue sévère. Un héraut annonce alors à point nommé le nom de Sa Majesté Valarr Ier, roi des Andals, des Rhoynars et des Premiers Hommes, rompant la tension, chacun tirant sa révérence au souverain.

Le banquet va pouvoir commencer, dans l’ordre et le calme.
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