Le forum des MVs, des JDRs et des Mégalos !
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Châteaunoir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Eleashaï



Messages : 2
Date d'inscription : 28/10/2017

MessageSujet: Châteaunoir   Mer 1 Nov - 20:29

Le froid mordant qui régnait au-dehors en ce début de matinée persistait à envahir la pièce, malgré le modeste feu qui survivait tant bien que mal avec l’unique bûche mise à sa disposition. La Tour du Roi était certainement la plus confortable des tours de Châteaunoir, mais elle n’était pas pour autant mieux fournie en bois, et la modestie de ce feu était pour Wyhald Manderly un indice supplémentaire des difficultés auxquelles la Garde devait faire face. Comme s’il y avait besoin de ça. La Tour du Roi offrait toute latitude à Wyhald pour observer l’ensemble de Châteaunoir, qui depuis longtemps n’avait plus d’imposant que son nom, véhiculé par tant d’histoires de combats magnifiques, remplis de chevaliers en armure rutilante et d’hommes courageux prêts à défendre les habitants des sept Couronnes contre les monstres de l’au-delà du Mur. La Garde n’était plus aujourd’hui que l’ombre d’une force armée, composée de bien trop de criminels et autres voleurs de bas étages. Qui ne devaient leur survie qu’à la chance, lorsque tant de leurs frères mourraient sous les coups de ces choses. Volontaires comme anciens criminels, tous s’étaient trouvés égaux face à cette mort monstrueuse.
Il se morigéna. Ce n’était pas le moment de se mettre à penser comme son frère Edwyn. Il avait plus important à faire. Se détournant de la fenêtre, Wyhald descendit rapidement les escaliers pour déboucher dans la cour et se dirigea vers la salle commune, ne croisant que peu de frères noirs en chemin.

- Lord Manderly, vous semblez toujours aussi affairé.

Wyhald se retourna ; le commandant de Fort-Levant se dirigeait vers lui.

- Ce sera le cas tant que ces négociations ne seront pas terminées. Mais vous n’êtes pas sorti par ce froid que pour vous préoccuper de cela.

- Je voulais vous assurer de mon soutien dans les négociations à venir. Le Lord commandant peut se montrer obstiné, mais ensemble nous pourrons lui faire entendre raison.

- Votre soutien signifie beaucoup pour nous, il ne sera pas oublié. Je tiendrai parole. Mais j’ai peur que vos efforts envers le Lord commandant ne soient voués à l’échec, parlez plutôt à vos hommes. Vous les connaissez mieux que nous, vous seul pouvez trouver les arguments qui les apaiseront. Nous parleront au Lord commandant, mais notre voix aura bien plus de poids une fois soutenue par la majeure partie des frères noirs.

- Entendu, j’irai leur parler. Je vous fais confiance pour utiliser correctement ces sauvages, mais souvenez-vous du nombre des nôtres qu’ils ont tués. Ce ne sont pas des agneaux. Ne leur faîtes pas confiance trop hâtivement.

- Nous avons tous vu avec quelle férocité ils peuvent se battre, et avec quelle facilité ils se sont rangés à nos côtés lorsque leurs vies se sont trouvées en danger. Aucun de nous ne se risquera à les sous-estimer, commandant.

La Garde avait subit tant de pertes que c’en était étonnant de voir ses commandants se tenir si droit, tenant toujours une posture militaire digne d’un véritable chef de guerre. A moins que ce ne soit pour un dernier baroud d’honneur. Non, la situation pouvait évoluer autrement. Et la première étape était cette négociation.

- Vous êtes en retard, Lord Manderly.

- Veuillez m’excuser, Milady, j’ai croisé en chemin le commandant de Fort-Levant, qui voulait nous réassurer de son soutien.

Lady Edwige Stark n’était pas particulièrement bien disposée, ce jour-ci. Il y avait de quoi, entre ce froid et ces discussions interminables. Elle était assise à l’une des tables de la salle commune en compagnie des représentants des Lords du Nord venus participer aux négociations.

- Il parlera à ses hommes, reprit Wyhald. L’espoir brille dans les yeux de cet homme, il croît réellement que nous pouvons sauver la Garde avec cet accord.

Lord Deckard Mormont se leva.

- Tâchons de ne pas le décevoir, dans ce cas. Sur les négociations de ces prochains jours repose l’avenir de la Garde, et par conséquent du Nord. Si nous voulons protéger les nôtres, nous devons convaincre la Garde et les sauvageons de trouver un terrain d’entente. Pour ma part, mes relations avec les sauvageons s’améliorent à chaque négociation que nous effectuons. Je pense pouvoir intercéder auprès d’eux et les amener à considérer notre offre sous un meilleur jour.

- Soyons prêts à nous défendre, malgré tout, intervint Lord Jon Redstark. Ils pourraient profiter des négociations pour nous tendre un piège, voire faire passer certains des leurs dans notre dos. Nous devrions y aller avec davantage d’hommes.

- Ils sont presque désespérés à l’idée de rester du mauvais côté du Mur, rappela Wyhald. Ils savent que si nous refusons tout accord, ils sont condamnés. Je suis d’accord pour ne pas leur faire entièrement confiance, mais ne nous montrons pas ouvertement hostiles.

- Même sans cela, ces sauvageons ne respectent que la force, en faire étalage ne saurait nous nuire.

- Lady Stark ? s’enquit Lord Deckard.

- Lord Redstark, vous, vos deux fils et mon frère êtes de bons guerriers. A vous seuls, vous saurez les impressionner. Amener peu de gardes montrera que vous pouvez assurer vous-même votre protection et que vous ne craignez pas les sauvageons.

- Eh bien, je serai volontaire lorsqu’il s’agira de découper du sauvageon récalcitrant, sourit Tohrren Redstark, mais ce serait appréciable d’éviter tant qu’il y a une possibilité qu’ils deviennent nos alliés. Je pense que tous ici peuvent s’accorder à dire que nous nous en remettons à vous, Lord Deckard. Mais que ferons-nous au sujet du Lord commandant ?

- Le menacer de la ruine de la Garde ne fonctionnera pas, grogna Lord Janos Stark, il est persuadé que la Garde est perdue de toute manière si nous commençons à travailler avec les sauvageons.

- Nous lui prouverons le contraire, lança Wyhald, en commençant lors des négociations qui auront lieu aujourd’hui. Voyant les sauvageons négocier, il tendra à cesser de les réduire à des brutes sanguinaires.

- Bigre, quel optimisme, Lord Wyhald, grimaça Lord Jon.

- En effet, c’est pourquoi j’ai déjà commencé à parler à ses hommes pour mieux les comprendre et commencer à les convaincre. Certains commencent à se montrer réceptifs. Les commandants de Fort-Levant et de Tour Ombreuse sont acquis à notre cause, ils feront de même. Si nous avons la majorité de la Garde pour nous soutenir, le Lord commandant sera forcé à reconsidérer sa position. Il n’est pas stupide.

- Il pourrait douter, mais il ne vous écoutera pas, affirma Tohrren Redstark.

- S’il commence à douter, peut-être écoutera-t-il un guerrier, réfléchit Lord Deckard. Peut-être l’un d’entre vous pourrait-il aller lui parler pour lui faire infléchir sa position ? Lord Redstark, peut-être ? Vous êtes un guerrier, et sans doute le mieux à même de comprendre ce qu’il traverse actuellement avec la perte de la majeure partie de ses frères.

- Je le le forcerai pas à parler de cela, grogna Lord Jon. Je peux aller lui parler, mais je refuse de le forcer à avoir cette discussion.

- Dans ce cas, je peux préparer le terrain, proposa Tohrren Redstark. Quelques phrases bien placées au cours d’une discussion en premier lieu anodine pourraient le diriger vers vous, père. Il viendrait de son propre gré. Cela vous conviendrait-il ?

- S’il le faut… Mais je ne garantis rien.

- Nous aviserons le moment venu si cela est nécessaire, trancha Lady Edwige. Pour le moment, concentrons-nous sur les sauvageons et les frères noirs. Que tous ceux qui le peuvent parlent aux hommes de la Garde, chaque homme convaincu compte. Nous nous reverrons tout à l’heure pour les négociations.

Chacun se leva et salua respectueusement les jeunes Stark alors qu’ils sortaient. On entendit distinctement Lady Edwige pester contre le gel. Wyhald ne put s’empêcher de sourire. Il avait confiance en l’opinion de Lady Edwige et sa manière efficace de diriger les discussions, mais il devait admettre que son caractère n’était pas toujours des plus agréables.
Détendu par ce court instant où son esprit avait enfin pu se focaliser sur autre chose que les problèmes imminents, Lord Wyhald sortit et se dirigea vers le terrain d’entraînement, espérant y rencontrer des frères à qui parler pendant son entraînement quotidien.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Châteaunoir
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» châteaunoir

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Megalovania :: Le Trône de fer V2 :: Le Nord-
Sauter vers: